Rayonnisme

 

RAYONNISME (2001-2003)
L'émergence de la pensée créative est imprévisible, comme l'apparition ou le déclin de la lumière et de son rayonnisme immanent.
Cette pensée surgit de manière autonome, et se nourrit de sensations synthones, de visions oniriques, de souvenirs syncrétiques et de cette mélodie intérieure propre à chacun. Elle permet la conceptualisation d'une esthétique évolutive, guidée par la quête d'une vérité intérieure, et les exigences propres à la création.
L'acte créateur est un merveilleux moment privilégié où la notion de réalité concrète s'efface au profit, d'un état second extralucide. Le temps s'accélère et s'intensifie selon la cadence et la vitesse de cette action qui tend à inscrire, de façon tangible, des formes et des rythmes dynamiques et innovants, pour transcrire les perceptions extra-sensorielles des forces et des vibrations synchrones de la nature et de l'espace.
Avec la gnose et la conscience, l'oeuvre évolue. S'élabore une synthèse entre instinct et raison, nécessité et liberté, synergie et antinomie, pour un dépassement des clivages opaque-transparent, visible-invisible, labile-statique, afin d'exprimer d'un seul jet la congruence de la pluralité des choses.
De la fragmentation de la forme à la fragmentation de l'espace, de la distraction lumineuse à la restructuration du support-surface, l'épure de l'œuvre se dessine, porteuse de sa signification personnelle et unique.
Une construction géométrique architecture la surface de la toile par triangulations successives.
Des labyrinthes de lignes donnent naissance à tout un jeu de constructions imaginaires, objectivations de perspectives biaisées, de paysages fantastiques, de cristallisations transparentes et de reflets réversibles.
La couleur fuse, l'émotion s'intensifie et l'enthousiasme guide la main. Cette couleur, cloisonnée, agit de manière autonome, avec un éclat proche de celui des vitraux.
Apparaissent des structures de courbes et d'orbes, d'entrelacs et d'arabesques, de méandres d'étoiles, en motifs répétés, accolés ou inversés, formant d'autres alvéoles qui se superposent à l'architecture première, et proposent une autre lecture de l'organisation picturale.
Des options directionnelles variées créent des systèmes formels et des parcours visuels insolites, régits par la mise en évidence d'une symbolique complexe, Ogdoade initiatique. La pictocrathie, guidée par la quête de la lumière et de la couleur, est l'aboutissement final de cette mise en scène.
Ce cheminement est essentiel. Par analogie anaphorique et jubilatoire, il détermine le caractère de l'oeuvre et de sa catharsis objective
Tout est forme, et la vie elle-même est une forme qui doit nécessairement mesurer, quantifier et qualifier l'espace, cet espace pictural qui varie en fonction de l'éclairage psychique et physique.
L'oeuvre d'art est une re-création métamorphique d'une réalité seconde, un voyage à travers le temps et l'espace, une jouissance immédiate dans l'instant de l'action, une mystérieuse communication harmonique avec autrui, la trace rapide d'une existence éphémère, le signe manifeste de l'appréhension d'une insaisissable éternité.
Paris, le 21 Janvier 2003